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Un pied devant l’autre

D’éparses brides de vent caressent mes joues rougies par la douce fraîcheur de ce temps automnal. Elles transportent la chaleur du contact, la douceur du toucher, la détente de l’accolade. Par ses fougueux caprices, l’air bohémien véhicule l’entièreté du vide, l’infinité du rien du tout, le blanc du noir. Les feuilles des arbres, ces bouts de nature vigoureux de la sève des grands érables du coin, flottent du haut de ceux-ci, puis tourbillonnent au-dessus de la terre, nargant tout ce qu’elles survolent. Ces petits éclats de la luxuriante saison viennent ensuite tapisser l’asphalte, conférant à chacun de mes pas la sérénité et la passion de l’innocence.

Je m’arrête et bombe le torse pour mieux apprécier l’horizon qui se pointe, sans y porter attention. L’ambiance arbore une touche de laisser-aller. L’odeur de la moisson ponctue les profondes respirations dont j’emplis mes poumons. Je ne voyage même pas vers la seconde qui suivra, je me laisse planer sur le moment présent. La brise s’intensifie, j’accélère un peu le pas.

Les tas de feuilles nourris par de jeunes enfants pullulent au milieu des chaumières pleines de vie. Le son de ces esprits puceaux qui s’esclaffent envahit ma tête, la vide de tout le reste et me fait vivre pour de vrai durant un instant. Des cheminées se dégage la rassurante fumée des foyers où brûlent les feux de la sérennité légère. Malgré tout, l’aigreur se déniche toujours une brèche et parvient à noircir le portrait global. N’est pas innocent qui le veut, mais bien qui le désire.

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Près de moi l’idée

Ce soir, j’ai pas envie de chômer
Mais de continuer à goûter
À la si dure simplicité,
Celle que j’ai épousé

J’ai jamais accouru
J’ai toujours parcouru
Dans nos jours incongrus,
Le véritable fut secouru

D’une main, j’ouvre le four
Chaleur moins intense
Que celle qui m’entoure
Je rejette la constance

Au son de la cinquième saison,
Je sors du four la lasagne
D’une idéale coloration
Imperméable à toute hargne

Je la pose sur la table
Nous sachant connectés
Par un quelconque lien sacré
Joie quotidienne délectable

Rassasiés, on sort à l’extérieur
Marcher pendant des heures
Tu te retournes en pleurs
T’es loin d’être un larmoyeur

La joie perce ton regard
Que m’annonceras-tu?
«Apprendre le bulgare,
Partir vers l’inconnu
Avec nos sacs mal pourvus
Qu’en dirais-tu?»

À ce moment, mes jambes cèdent
Par réflex, tu me rattrapes
Nos bonheurs qui se succèdent
Seront complétés par cette étape:
Mon rêve de retrouver les belles années
Bien qu’on soit des peaux usées

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