Archives de Tag: innocence

Un pied devant l’autre

D’éparses brides de vent caressent mes joues rougies par la douce fraîcheur de ce temps automnal. Elles transportent la chaleur du contact, la douceur du toucher, la détente de l’accolade. Par ses fougueux caprices, l’air bohémien véhicule l’entièreté du vide, l’infinité du rien du tout, le blanc du noir. Les feuilles des arbres, ces bouts de nature vigoureux de la sève des grands érables du coin, flottent du haut de ceux-ci, puis tourbillonnent au-dessus de la terre, nargant tout ce qu’elles survolent. Ces petits éclats de la luxuriante saison viennent ensuite tapisser l’asphalte, conférant à chacun de mes pas la sérénité et la passion de l’innocence.

Je m’arrête et bombe le torse pour mieux apprécier l’horizon qui se pointe, sans y porter attention. L’ambiance arbore une touche de laisser-aller. L’odeur de la moisson ponctue les profondes respirations dont j’emplis mes poumons. Je ne voyage même pas vers la seconde qui suivra, je me laisse planer sur le moment présent. La brise s’intensifie, j’accélère un peu le pas.

Les tas de feuilles nourris par de jeunes enfants pullulent au milieu des chaumières pleines de vie. Le son de ces esprits puceaux qui s’esclaffent envahit ma tête, la vide de tout le reste et me fait vivre pour de vrai durant un instant. Des cheminées se dégage la rassurante fumée des foyers où brûlent les feux de la sérennité légère. Malgré tout, l’aigreur se déniche toujours une brèche et parvient à noircir le portrait global. N’est pas innocent qui le veut, mais bien qui le désire.

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Combien de voiles?

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Dehors, l’automne colorait le sol des feuilles tombées des vieux arbres massifs du coin. Les bourrasques de vent gagnaient en intensité, imposant leur dynamique au paysage. La nature, dans son éternel calme batailleur, prenait vie entre les briques et le mortier.

À l’intérieur, elle se demandait pourquoi une question vient-elle toujours de paire avec une maudite réponse. Existe-t-il toujours une façon, politically correct ou pas, d’abreuver un assoiffé de raisons ou de raison? Elle prit d’assaut son petit bateau à voile et se jeta dans la mer des rapides, se laissant voguer au bon vouloir du temps.

L’automne, quelle belle saison!

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Grands nuages

J’accorde un regard aux nuages éparses qui peuplent le ciel. D’une éclatante blancheur, ils fourmillent dans le firmament qui accepte de les accueillir. Leur opacité relative permet aux rayons du soleil de les traverser pour aller caresser le sol où je remarcherai à mon réveil. À l’instar de la lune qui nous suit lors d’un voyage en voiture, ces amas demeurent statiques. Les âmes qui les observent de terre abandonnent toute distration, toute facilité quotidienne. La légèreté s’en empare. Elle les monopolise, les ramenant à la naïveté infantine. Cette sensation, tous la connaissent et ne la reconnaissent nulle part ailleurs. Je flotte l’esprit libre comme si la trahison ne l’avait jamais violé. Tout s’efface. Et tout reste, car je ne pars pas. Le vide empiète de nouveau. Les instants joyeux disparaissent tel un dégât balayé. Je retombe… La vie redémarre, après un instant passé dans celle d’une âme pucelle n’ayant jamais fûmé.

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Bombardements incessants

À ce moment précis, le songe prend en otage chacune de mes pensées. On reproche à certains de ne jamais réfléchir avant d’entreprendre leurs agissements. Je m’en trouve à l’opposé total: je pense beaucoup trop, sans jamais permettre à mon esprit de souffler ne serait-ce qu’un maigre instant. Les idées semblent se bousculer à tout heure du jour et de la nuit dans cet amas de neurones nommé cerveau. Mais pourquoi livrer cette sanglante bataille? Penser signifie ne pas pouvoir nier l’irréparable donc priver le bonheur de tout bouclier.

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Telle une comète

Je suis en train de perdre la tête
Décapitée telle une vulgaire bête
Les neurones fuient comme des comètes
Rendant la réalité abstraite,
Ces brèves illusions m’éloignent
De ce malaise rien ne me soigne
Ma tête s’empresse de fuir l’orage
En direction de meilleures images

Le décollage enfin se fait
Non sans le moindre regret
De plaisirs rendus purement futiles
Qui deviennent des projectiles
Transperçant mon innocence,
Me dotant d’une conscience,
Traversent chacune de mes pensées
À quoi bon au sol rester?

Je saisis pourquoi dorénavant
Les enfants gardent les yeux brillants
J’abandonnerais la bonne cadence
Pour les douceurs de l’innocence
Complètement cernée par le noir
L’espoir, futilité de croire,
Nous aveugle du tout au tout
En l’intelligence, aucun atout

Ce qui se déroule dans le champ
Concerne tous les habitants
L’inaction me rend malade
Passer toutes les barricades
Ces gestes posés telle une comète
Produisent l’effet d’un allumette
Au moyen de la perte de contact
Me font oublié actes et impacts

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