Courant(s)


Par la f’nêtre, j’regarde les bourrasques de vent qui tournent pis qui m’retournent, me balançant à leur remorque. J’ai d’quoi qui me tiraille au ventre. Qui me traverse comme l’eau passe une digue qui tient pus. Mais la digue s’adapte au gré du courant de cette eau tiède. Elle flotte. Bon, le moteur part, pis moi aussi. Là, le vent s’lève pour vrai. J’vois ben des branches d’arbres à terre. J’ramasserais tout c’que j’vois. Serrer le monde dans mes bras. Tout y mettre. Même le vent, yé bon lui aussi dans l’fond. Yé juste trop fort, pas capable de s’contrôler, un fauve au milieu des lièvres incrédules. Stupides aussi. Parce qu’ils comprennent pas pas que la vie sert à rien, que c’est à eux de se servir d’elle. L’exploiter jusqu’à parvenir au bout de son souffle et du leur. Saturer ses poumons de l’air pur, qui nourrit. Naturel. Respirer.

 

(16 avril)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :